Page:Shakespeare - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1873, tome 12.djvu/109

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affûts, — ouvrant ses bouches fatales sur l’enceinte d’Harfleur. — Supposez que l’ambassadeur de France revient — dire à Harry que le roi lui offre — sa fille Catherine et, avec elle, en dot, — quelques petits et insignifiants duchés. — L’offre n’est pas agréée : et l’agile artilleur — touche de son boute-feu le canon diabolique

Fanfare d’alarme. Décharge d’artillerie.

Et devant lui tout s’écroule. Restez-nous bienveillants, — et suppléez par la pensée aux lacunes de notre représentation.

Le Chœur sort.

Scène VII.

[En France. Devant Harfleur.]


Fanfares. Entrent le Roi Henry, Exeter, Bedford, Glocester et des soldats portant des échelles de siége.



LE ROI HENRY.

— Retournons, chers amis, retournons à la brèche, — ou comblons-la de nos cadavres anglais. — Dans la paix, rien ne sied à un homme — comme le calme modeste et l’humilité. — Mais quand la bourrasque de la guerre souffle à nos oreilles, — alors imitez l’action du tigre, — roidissez les muscles, surexcitez le sang, — déguisez la sérénité naturelle en furie farouche ; — puis donnez à l’œil une expression terrible ; — faites-le saillir par l’embrasure de la tête — comme le canon de bronze ; que le sourcil l’ombrage, — effrayant comme un roc déchiqueté — qui se projette en surplomb sur sa base minée — par les lames de l’Océan furieux et dévastateur ! — Enfin montrez les dents, et dilatez les narines, — retenez énergiquement l’haleine, et donnez à toutes vos forces — leur pleine extension… En avant, en avant,