Page:Shakespeare - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1873, tome 12.djvu/142

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LE ROI.

Il convient fort à votre brusquerie.

Pistolet sort.


Entrent de différents côtés Fluellen et Gower.



GOWER, élevant la voix.

Le capitaine Fluellen !


FLUELLEN.

Oui ! Au nom de Chesus-Christ, parlez plus bas. La plus grande merveille de tout l’univers, c’est de ne plus voir observer les vraies et anciennes prérogatives et lois de la guerre. Si vous voulez prendre seulement la peine d’examiner les campagnes du grand Pompée, vous trouverez, je vous le garantis, qu’il n’y avait ni fariboles ni folles paroles dans le camp de Pompée ; je vous garantis que vous trouverez que les cérémonies de la guerre, et ses précautions, et ses règles, et sa sobriété, et sa rigidité, étaient tout autres.


GOWER.

Eh ! l’ennemi est très-bruyant ; vous l’avez entendu toute la nuit.


FLUELLEN.

Si l’ennemi est un âne, un fou et un sot bavard, est-il bon, croyez-vous, que nous aussi, voyez-vous, nous nous comportions comme un âne, un fou et un sot bavard ; là, en conscience ?


GOWER.

Je parlerai plus bas.


FLUELLEN.

Je vous en prie, je vous en supplie !

Sortent Fluellen et Gower.



LE ROI.

— Bien que ses façons soient un peu hors de mode, — il y a beaucoup de circonspection et de valeur chez ce Gallois.