Page:Shakespeare - Un songe de nuit d’été, trad. Spaak, 1919.djvu/120

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Son meilleur manteau
Teint d’un sang tout chaud !
Parques, voyez mon émoi !
Tranchez pour toujours
Le fil de mes jours !
Tuez-moi ! Massacrez-moi !


THÉSÉE
On est presque attendri par de telles alarmes !

HIPPOLYTE
Que maudit soit mon cœur si je reste sans larmes !

PYRAME

Ô Nature, pourquoi créas-tu les infâmes
Lions, puisqu’un lion déflore mon amour
Qui est — non, qui était la plus belle des femmes
Ayant aimé, chéri, vécu jusqu’à ce jour !
Pleurs, coulez sans trêve !
Et toi, viens mon glaive !
Perce le sein de Pyrame !
Oui, là, le sein gauche
Où mon cœur chevauche ;
Ainsi je vais rendre l’âme !
Voilà, je suis mort !
J’ai réglé mon sort !
Mon esprit s’est évadé !
Mon œil reste coi !
Lune éclipse-toi ;
Car Pyrame est décédé !…


Il meurt. — Sort LE CLAIR DE LUNE.

DÉMÉTRIUS
[Dé, c’est dé ! Mais quel dé ? C’est l’as puisqu’il est seul !