Page:Shakespeare - Un songe de nuit d’été, trad. Spaak, 1919.djvu/87

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HERMIA

Je suis abasourdie et n’y comprends plus rien !…

Elle sort.

OBÉRON, à PUCK.

Voilà le résultat de ton erreur, vaurien !
À moins que ce ne soit de tes farces communes…


PUCK

Roi des Ombres, c’est une erreur ! Oui, c’en est une,
Croyez-moi ! Mais de quoi me blâmez-vous, en somme ?
Je devais, d’après vous, charmer les yeux d’un homme
Portant une toge de laine…
Je l’ai fait… et bénis mon erreur innocente,
Si nous lui devons une scène
Aussi réjouissante !…


OBÉRON

Ces rivaux sont allés chercher aux environs
Un terrain de combat… Écoute : étends le voile
D’un brouillard épaissi, plus noir que l’Achéron,
Sur ce ciel éclatant d’étoiles !
Qu’ils se cherchent partout sans pouvoir se surprendre !
Imite la voix de Lysandre
Insultant son rival ; réponds-lui par le verbe
De l’autre ; échange entre eux des injures acerbes ;
Lasse-les ; jusqu’à l’heure où, brisés, ahuris,
À bout d’efforts,
Un sommeil lourd comme la mort
Pose enfin sur leurs yeux meurtris
Ses ailes de chauve-souris !
Sur Lysandre endormi presse cette herbe, alors,