Page:Shelley - Frankenstein, ou le Prométhée moderne, trad. Saladin, tome 1.djvu/71

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pénétrer ; pour elle, c’était un vide qu’elle cherchait à peupler d’êtres de sa propre imagination.

Mes frères étaient bien plus jeunes que moi ; mais j’avais dans un de mes condisciples un ami dont l’âge répondait au mien. Henry Clerval était fils d’un négociant de Genève, intime ami de mon père. C’était un enfant d’un talent et d’une imagination extraordinaires. Je me souviens, qu’à l’âge de neuf ans, il composa un conte de fées, qui faisait les délices et l’étonnement de tous ses camarades. Son étude favorite était celle des romans et des livres de chevalerie ; et, lorsque nous étions fort jeunes, je me rappelle que nous jouions des pièces qu’il composait