Page:Shelley - Frankenstein, ou le Prométhée moderne, trad. Saladin, tome 1.djvu/91

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à la mort, et j’espère que nous nous reverrons dans un autre monde ».

Elle mourut avec calme, et en conservant sur son visage inanimé l’expression de la tendresse. Je n’ai pas besoin de vous décrire les sentimens de ceux dont les nœuds les plus chers sont rompus par le plus irréparable des maux, le vide qui est dans le cœur et la douleur qui est empreinte sur les figures. Il faut tant de temps pour que l’esprit puisse se persuader que celle que nous voyions tous les jours et dont l’existence même semblait liée à la nôtre, est perdue à jamais ; que l’éclat enchanteur de ses yeux est éteint ; et que le son d’une voix si familière et si chère à l’oreille, est