Page:Shelley - Frankenstein, ou le Prométhée moderne, trad. Saladin, tome 2.djvu/106

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si vertueux, si grand, et en même temps si méchant et si bas ? Tantôt il paraissait une véritable émanation du mauvais principe ; tantôt une conception noble et divine. La grandeur d’âme et la vertu me parurent le plus bel ornement d’un être sensible ; la bassesse et la méchanceté, qui étaient le partage de tant de monde, me parurent la plus triste dégradation, une condition plus abjecte que celle de la taupe ou du vermisseau. Je fus long-temps avant de concevoir comment un homme pouvait se porter à assassiner son semblable, ou même pourquoi il y avait des lois et des gouvernemens ; mais, en apprenant les détails des vices et des meurtres, je