Page:Sicard - Le Laurier Noir, 1917.djvu/17

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Maillanaises pleurez ! tambourins des campagnes
     Sanglotez vos airs provençaux !
Tartanes sur la mer, aigles sur la montagne,
     On a mis le Maître au tombeau.

Ayez pitié de nous, Seigneur ! la route est noire…
     L’arbre s’est ployé sous le vent.
Vainqueurs, que ferons-nous maintenant des victoires ?
     Le chef est tombé dans le camp.

Que tes yeux sont fermés, Mistral ! que ton visage
     Est couvert d’ombres ! que tes mains
Sont distantes !… La barque a quitté le rivage
     Et le rivage est orphelin.

Plus de retour ! plus de transports ! Dans le silence
     S’en vont les gardians de Folco.
La sorcière du Val d’Enfer blasphème et lance
     Vers le ciel des cailloux de Crau.

Ayez pitié de nous, Seigneur ! Les fleurs se penchent.
     Des amandiers sur un cercueil.
Plus rien… des oiseaux morts… des branches…
     Une devise sur un seuil.