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L’ANNÉE RÉPUBLICAINE.


Père, qui veut aimer de votre cœur s’approche :
Sur les oiseaux des bois, sur les fleurs de la roche,
Sur les mères, sur les enfants.
Sur les noirs travailleurs qui songent, sur la foule.
De votre œuvre multiple une pitié découle
Qui fait les vaincus triomphants.

Poëte, qui veut croire avec vous se recueille :
Quand, lassé des concerts de l’astre & de la feuille,
L’esprit qui pense est revenu
Au gouffre intérieur où s’égare son rêve,
Le vôtre le soutient, l’entraîne & le soulève
Dans cet autre immense inconnu.

Car vous avez toujours pour qui souffre des larmes,
Pour qui meurt des regrets, pour qui combat des armes,
Ô père, ô poète béni !
Car votre âme est plus tendre encor qu’elle n’est forte,
Car votre foi commande & jusqu’à nous apporte
L’écho vibrant de l’infini.

Aussi tout ébloui d’images grandioses,
Glorifiant au nom des êtres & des choses
Le grand génie austère & doux,