Page:Siefert - Les Stoïques, 1870.djvu/125

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Moins mauvais ou moins fort, l’homme est plus tolérant,
Les gibets sont tombés sur nos places publiques :
Le siècle est-il meilleur ou plus indifférent ?

O vous que l’on oublie, ô souvenirs épiques,
Déployez dans le vent vos drapeaux déchirés,
Rouvrez la grande arène aux luttes pacifiques.

Le temps qui marche veut des cœurs bien préparés,
Et pour les jours futurs aux aurores sublimes
Il faut que des sillons germent les blés dorés.

Lorsque votre pardon consacrera les crimes,
La justice & le droit seront assez vengés.
Oubliez les bourreaux pour parler des victimes.

Peut-être en d’autres maux vos maux seront changés ?
Qu’importe ! de nos yeux les pleurs coulent de même :
Nous portons le fardeau que vous nous partagez.

Votre pâleur revient à notre front plus blême,
Vos sueurs d’agonie ont transi notre chair,
Et nous avons bondi sous le cri d’anathème,