Page:Siefert - Rayons perdus.djvu/108

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Cette apparition assombrit nos pensées ;
Toutes deux oppressées,
Nous hâtâmes encor nos pas mal affermis.

Nous avions dépassé la dernière chaumière,
Et nous voyions déjà, sous la blanche lumière,
Scintiller le grand toit du rustique chalet.
Nous entrâmes bientôt dans la courte avenue,
Où tout, à ma venue,
De mon beau jour d’automne à la fois me parlait.

Je resongeai soudain à la barrière verte,
Une honnête barrière en bois, toujours ouverte,
À laquelle une allée étroite aboutissait,
Et qu’embaumaient alors d’humbles & bonnes roses,
Dont les fleurs demi-closes
S’effeuillaient doucement quand la brise passait.

J’aimais cet abandon, j’aimais cette barrière ;
C’était mon paradis qui commençait derrière,
Mon Éden, mon espoir, mon songe caressé…
Oh ! je croyais déjà sentir l’odeur des roses
Et revoir toutes choses
Dans leur simplicité, comme je les laissai.