Page:Siefert - Rayons perdus.djvu/13

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De tels jets font trou dans la mémoire & font image à l’esprit. Le livre en fournirait un grand nombre. Le vers généralement est plein et nourri, dru, comme le voulait Joseph Delorme. Un poëte, après une première lecture des Rayons perdus, écrivait pour résumer son jugement : « Très-féminin de sentiment, & en même temps très-viril d’expression. » Ce double mérite, ces deux mérites contrastés suffisent pour constituer à l’auteur une véritable originalité & pour expliquer son succès, cet étrange succès, étrange de nos jours, de cinq cents exemplaires vendus en moins d’un mois. S’il n’a pas jusqu’ici beaucoup retenti à Paris, ce succès n’en est pas moins rare.

Dans sa ville natale, à Lyon, mademoiselle Siefert a obtenu les plus honorables suffrages, celui de M. de Laprade, celui de M. Soulary, qui a publié dans le Salut public un compte rendu enthousiaste, bientôt suivi d’autres articles élogieux dans les divers journaux de la ville, le Courrier, le Progrès, la Discussion.

Ce succès grandira sans doute & se confirmera à Paris, d’où mademoiselle Siefert a déjà reçu les témoignages les plus favorables. MM. Sainte-Beuve, Émile Deschamps, Théodore de Banville, Leconte de Lisle, Auguste Vacquerie, François Coppée, d’autres encore se sont empressés d’applaudir à son début & de lui adresser leurs félicitations & leurs encouragements. L’an dernier, avant la publication du volume, une pièce adressée à Guernesey lui valait cette approbation décisive