Page:Siefert - Rayons perdus.djvu/50

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La nef alors se trouvait pleine.
Les moines au blanc froc de laine
Brusquement s’étaient écartés.
Nous errions aussi dans l’église,
À travers l’atmosphère grise,
Jetant un coup d’œil à la frise,
Un autre aux murs peints & sculptés.

Derrière la grille dorée,
À chaque côté de l’entrée
Du chœur, sous un rayon étroit
De clarté pâle & frissonnante,
Sortant de l’ombre environnante,
Jeunes, beaux, la robe traînante,
Les deux moines se tenaient droit.

Les yeux figés sous la paupière,
On eût dit des hommes de pierre,
Œuvre d’un artiste fervent.
— Ô moines ! dans l’humaine sphère,
Dans les devoirs que Dieu confère,
N’aviez-vous autre chose à faire
Qu’à poser en tableau vivant ?