Page:Siefert - Rayons perdus.djvu/55

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ANGOISSE.

 
Il est malade, il souffre & je ne puis rien faire,
Rien pour le soulager, rien même pour lui plaire.
Je n’ose m’informer tout haut de sa santé ;
L’intérêt que j’y prends serait interprété.
J’ai peur de l’irriter par ma sollicitude,
Et Dieu sait cependant si mon inquiétude
N’est pas cent fois plus vive à la cacher ainsi !
Hélas ! veiller sur moi, feindre encor, quel souci !
N’être pas toute à lui, quand mon unique envie
Eût été pour jamais de lui donner ma vie,
Quel supplice cruel ! — Je m’y résigne mieux
Lorsque alerte & dispos il est moins soucieux ;
Mais le savoir tout seul, si malade & si triste,
Ayant besoin de moi sans que, moi, je l’assiste,