Page:Siefert - Rayons perdus.djvu/97

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.


ANNIVERSAIRE.


Voici venir le jour où mourut mon grand-père.
Hélas ! c’est pour mon cœur encor tout éperdu
Un de ces souvenirs sur lesquels rien n’opère,
Et qui, toujours vivant, tantôt me désespère,
Tantôt brille à mes yeux comme un rayon perdu.

Dans la coupe secrète où mes larmes s’assemblent,
Toutes celles qu’alors m’arracha la douleur
Ruisselèrent. Et là, dans l’ombre, elles ressemblent
À ces frais diamants, à ces gouttes qui tremblent
Dans le mystérieux calice d’une fleur.

Car si j’ai très-souvent les paupières humides,
Je ne me laisse pas troubler par les sanglots.