Page:Siefert - Rayons perdus.djvu/99

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C’est lui qui me sourit, & soudain je l’embrasse
Tel qu’il était jadis, plein d’humour & de grâce,
Le front auréolé de ses beaux cheveux blancs.

Nous avions l’un pour l’autre une extrême tendresse,
Naïve comme moi, sereine comme lui ;
Dans cette intimité suave & charmeresse,
Chacun de ses regards m’était une caresse,
Chaque mot de ma bouche écartait son ennui.

En vain depuis longtemps il a quitté la vie,
Pas un jour n’a passé pour moi sans un regret ;
Sa mémoire toujours m’a partout poursuivie,
J’ai cherché dans les cieux son image ravie
Et j’ai dit : Parle-moi ! croyant qu’il répondrait.

Ah ! quand je t’appelais de ta couche paisible,
Grand-père, j’ignorais que Dieu sait mieux que nous
Quand il faut que la mort, de sa main invincible,
Délivre de la terre une âme trop sensible
Et lui fasse goûter un repos sûr & doux.


Juillet 18…