Page:Société agricole et scientifique de la Haute-Loire - Mémoires et procès-verbaux, 1879-1880, Tome 2.djvu/268

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combustion spontanée dans le remblai du viaduc des combes

houilles sèches se sont manifestés les premiers phénomènes de la combustion consistant dans le développement d’une température très élevée. Un voisin du remblai, Messieurs, nous a renseignés sur ce dégagement considérable de la température qui s’est manifesté presque immédiatement après le dépôt de cette matière noire et légère ; et voici comment il nous a raconté le fait. L’ingénieur, chargé des travaux, avait permis aux voisins du viaduc des Combes, de ramasser sur les talus du remblai le charbon nécessaire à leur usage personnel, pour les dédommager du tapage nocturne que causait près de leurs demeures l’activité jour et nuit des chantiers de réparations, tapage nocturne dont tout le voisinage se plaignait beaucoup. À la suite de cette permission, des glaneurs de charbon vinrent de Taulhac, d’Ours-Mons et même de Brives, ce qui obligea la Compagnie à supprimer la permission ; et, ce que nous avons eu à retenir d’utile à la question que vous nous avez soumise, c’est que ces glaneurs de charbon étaient obligés de laisser certains morceaux à cause de l’excessive température dont ils étaient le siège. On trouvait aussi dans le remblai du goudron qui, pour nous, accuse la combustion spontanée dont ces houilles avaient été le foyer dans les dépôts où on les avait puisées. L’on nous a dit aussi que les gardiens du chantier cherchaient à se coucher, pour se défendre du froid de la nuit, sur les houilles déposées récemment et continuant à dégager de la chaleur depuis leur déchargement.

D’ailleurs, Messieurs, la combustion étudiée par nous est un phénomène très commun. D’après Vurtz, Dictionnaire de chimie, d’après Malaguti, Leçons élémentaires de chimie, etc., c’est à la présence soit du protosulfure de fer, soit du bisulfure de fer ou pyrite prismatique dans les schistes houillers, que sont dus les incendies spontanés de certaines mines. L’un de nous a pu s’assurer de la fréquence de ce phénomène dans un voyage récent à Saint-Étienne, et en a déduit cette conséquence, que, si la combustion du viaduc des Combes se fût produite dans ce centre d’exploitation houillère, elle n’aurait