Page:Solleysel - Parfait mareschal - 5è éd., 1680 - tome 1.djvu/225

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée

Chap.
ⅼⅹⅹⅹⅰ
.
terre, depuis cinq semaines que je le faisois traitter, je jugeay qu’il falloir se servir de quelque sorte de deffensif qui ôtat mieux la douleur, en resserrant toutefois ; je me servis donc de la therebentine environ deux livres, que je fis chauffer, & ensuitte je mis peu à peu de la suye de cheminée bien pilée, en remuant toujours, jusqu’à ce que à force de cuire, je fis une espece d’emmielure, dont je me servis, non seulement autour de la couronne, mais tout autour du boulet jusques au haut du mal, frottant toujours bien la jambe avec l’onguent du Duc, & ce dernier deffensif sur le bas avec de la filasse par dessus & une bonne enveloppe, & par dessus l’enveloppe, sur la couronne des éclisses, & encore une ligature pour tenir les éclisses en estat ; je n’eûs pas continué ce procedé deux applications, que le Cheval s’appuya sur son pied, & finallement guerit parce dernier remede. Estant guery,pour ôter l’enflure qui estoit restée sur la couronne, & par tout où il y avoir eu du mal, & le pied desseché, je luy fis rayer toute la jambe avec du feu, depuis le dessous du jarret jusqu’à la couronne ; ayant esté dessolé quatre jours avant le feu, un bon ceroüenne sur tous les lieux rayez de feu, & de la bourre par dessus ; les escarres tombées, on les guerit par la voye ordinaire, & la solle de mesme ; apres quoy on promena en main le Cheval dans des terres labourées un mois entier, la chair & la nourriture revint à la hanche, les nerfs s’étendirent, & le Cheval servit ensuite, mais il fut quatre mois à guerir de ce grand mal que j’ay décrit, pour servir de modelle à de pareils maux.

Ce qui sauva ce Cheval, est qu’il se couchoit & se levoit tres-bien avec trois jambes, il ne perdit pas le manger, & d’abord qu’il avoit battement de flanc, les lavemens ne luy estoient pas épargnez, non plus que les onguents du Duc, ou de Monpelier sur les cuisses & jambes, ny le Crocus metallorum en poudre dans le son ; si le Cheval n’avoit esté jeune, beau &. bon, il auroit plus coûté à guerir qu’il n’eût vallu, il ne mangea d’avoine de trois mois entiers, mais seulement du son mouillé, bon foin, bonne paille, bonne littiere sans cesse, il estoit logé tout seul dans une petite écurie.


CHAP.
ⅬⅩⅩⅩⅡ.
Des Javars encornez, & atteintes encornées.

LE javar encorné est une tumeur sur la couronne, qui est plus où moins grosse selon que le mal est vieux ou nouveau, cette tumeur provient d’une matiere corrompue, formée entre la cor-