Page:Solleysel - Parfait mareschal - 5è éd., 1680 - tome 1.djvu/349

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée

CHAP.
ⅭⅩⅣ.
De la Pousse.


JE donneray en la seconde Partie des marques pour connoistre un Cheval poussif.

La Pousse est une difficulté de respirer, causée par l’embarras des poulmons, l’obstruction des veines & arteres, & particulierement du conduit & de l’égoût du poulmon qui se fait par le conduit des reins, le tout est accompagné d’un battement de flancs, & de dilatation des narines, particulierement lors que les Chevaux courent, ou montent ? Le siege de la Pousse est dans le poulmon, & la cause vient de l’obstruction qui se fait dans les conduits par des flegmes qui y restent & s’y époississent. Il est à notter que le poulmon est la partie de tout le corps qui consomme le plus de nourriture, ne vivant que du plus pur sang, & du plus subtil qui est un sang bilieux ; il nous paroist évidemment aux animaux qui n’en ont point, car ils vivent de rien par maniere de dire ; les poissons n’ont point de poulmon, aussi voit-on que pour peu qu’ils ayent à manger, d’abord ils sont tres-gras, & mesme il semble que les reins ne soient faits que pour la décharge, & pour vuider le poulmon de ses impuretez, car les poissons n’ont point de reins comme ils n’ont point de poulmon, & ordinairement un Cheval auquel il prend un flux d’urine, s’il dure quelques jours, il a d’abord la toux parce que le poulmon se desséche. j’ay adjoûté ces remarques pour vous faire connoistre que si vous avez des Chevaux poussifs dont le poulmon soit interessé & qu’ils soient maigres, vous aurez bien de la peine à les engraisser, parce que le poulmon consommera une partie de la nourriture qui se changeroit en chair ; de plus vous verrez tous les Chevaux poussifs pisser beaucoup quand on les traitte, & qu’on tâche à guerir le poulmon, parce qu’une partie des impuretez s’évacuë par là : La remarque que j’ay fait, que le poulmon est une partie du corps, qui consomme la plus grande partie de la nourriture que le Cheval prend, est tres-veritable & fort curieuse, & de ceux qui ont écrit des Chevaux soit François, Italiens, Allemans, ou Latins, pas un n’en a fait mention.

Si on considere les vaisseaux & autres parties spermatiques, qui entrent en la composition du poulmon, ils font froids & secs : si on les considere en leur substance charnue, molle & baveuse, on les croira chauds & humides ; finalement si on les considere se-