Page:Solleysel - Parfait mareschal - 5è éd., 1680 - tome 1.djvu/523

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Chap.
ⅽⅼⅹⅹⅲ
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sant deux fois vingt-quatre heures, puis on l’ôte, l’escarre se fait, & graissant de sain-doux elle tombe.

On le doit appliquer avec un pinceau, afin de n’en mettre que ce qu’on veut.

Il se garde long-temps, plus il est vieux, meilleur il est.

On pourra resserrer un vessigon par le remede suivant ; mais il reviendra si le Cheval travaille beaucoup.

Prenez une pinte de fort vinaigre, mettez dedans trois onces galbanum, & autant de mastic, faites cuire & dissoudre ces drogues jusqu’à ce que les deux tiers du vinaigre soient consumez, puis mélez parmy, bol fin ou de Levant une livre, & de therebentine commune autant, mélez le tout sur un feu lent, pour en faire une charge, c’est à dire, que cela soit en consistence d’emmiellure, appliquez-la chaude sur le Vessigon, elle s’y attachera, & mettez du papier par dessus.

Quand on voudra y appliquer le feu, il est bon d’avoir usé de ramolitifs, afin qu’il puisse agir avec plus d’efficace, il faut appliquer le feu en Lune vieille, & barrer la veine en mesme temps, avec le feu au haut & au bas du jarret : quand le Vessigon est devenu fort gros le feu n’y reüssit pas toûjours, il en resserre une partie, mais non entierement ; ainsi le plus seur est dés qu’on apperçoit un vessigon, de le rayer avec le feu au dedans & au dehors du jarret, car si on donne le feu simplement sur l’endroit où est le vessigon, qui sera par exemple en dehors du jarret, le feu le poussera au dedans, ainsi il faut recommencer & donner le feu en dedans ; le plus assuré est de donner toûjours le feu dedans & dehors, quelque infirmité que le Cheval ayt ; à plus forte raison pour le vessigon, qui naturellement passe d’un côté à l’autre du jarret.


CHAP.
ⅽⅼⅹⅹⅳ.
Du Iardon ou Iardé.

LE Jardon est une tumeur calleuse causée de matiere flegmatique & visqueuse qui manque de chaleur pour la resoudre, à cause de sa dureté, elle presse les nerfs & les tendons qui font le mouvement, & par ce moyen cause tres grande douleur au Cheval, en sorte qu’il en demeure maigre, souvent boitteux, étroit de boyaux : Cette incommodité est considerable, elle peut estropier le Cheval & le rendre inutile : ce mal est presque toujours hereditaire, il vient pourtant de fatigue, & de ce que les Che-