Page:Solleysel - Parfait mareschal - 5è éd., 1680 - tome 1.djvu/69

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Chap.
ⅹⅷ
.
vin trois jours de suitte, huit jours apres trois autres prises de mesme que les premieres, il ne jetta plus du tout. Je le fis promener, & pour mieux procurer l’entiere guerison comme je le croyois pour lors, je reïteray cette purgation dix jours apres, & finallement je le fis églander & luy ôter une grosse glande fixe, la playe bien consolidée, je luy tiray du sang, & le renvoyay à un amy à qui il estoit, le croyant guery : au bout de six mois il recommença à jetter, & a jetté plus de six ans ; il servoit à marcher le pas, & travailloit fort bien : enfin il devint fort maigre & mourut.

J’ay voulu vous rapporter ces deux exemples entre cent que j’ay traitté, pour vous instruire & vous faire connoistre que lors qu’on croit un Cheval morveux guery, souvent il est plus mal que jamais. Ainsi quand un Mareschal ou une autre se vante de guerir vostre Cheval morveux, ou il ne l’est pas veritablement, ou il ne le guerira pas facilement.

Une maxime incontestable est qu’il ne faut jamais purger les Chevaux qui jettent & s’ils n’estoient pas morveux, la purgation pourroit les faire devenir : il faut suivre la nature dans les maux, & ne luy pas faire prendre un chemin tout opposé, comme est celuy de la purgation. La plus part des Mareschaux suivent cette methode, mais elle est tres-pernicieuse & j’en suis pleinement convaincu.

Le vin emétique ne purge pas les Chevaux quand on en donnneroit deux ou trois pintes, il agit par insensible transpiration, & c’est un tres-bon remede: La description en sera au Chapitre ⅩⅩⅢ.


CHAP.
ⅩⅨ.
Remede pour faire jetter.


NOus mettrons icy les remedes pour cette maladie, estant juste d’essayer si le mal est desesperé ; & s’il y a esperance, vous en verrez bien-tost de bons effets.

Avant tout remede, il faut remarquer si le Cheval que vous voulez entreprendre de traitter est grand mangeur, car s’il est délicat, assurément vous n’y trouverez pas de satisfaction, puis qu’une partie des remedes que vous serez obligé de luy donner, le dégoûteront davantage, ainsi vous aurez autant de peine à le remettre en goût, & vous y perdrez autant de temps, comme à le traitter de sa morve, & finalement vous y échoüerez ; ainsi la premiere chose qu’il y a à considerer, est que le Cheval que vous voulez traitter, mange tres-bien ; il faut luy ôter l’avoine, puis