Page:Sophocle, trad. Leconte de Lisle, 1877.djvu/279

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ANTIGONÈ.
Antistrophe II.

Certes, j’ai entendu dire que la Phrygienne étrangère, fille de Tantalos, est morte très-malheureuse au sommet du Sipylos où l’accroissement de la pierre l’enveloppa, l’ayant étreinte rigidement comme un lierre. Ni les pluies, ni jamais les neiges ne l’abandonnent tandis qu’elle se fond, et toujours elle trempe son cou des larmes de ses yeux. Un Daimôn va m’endormir comme elle.


LE CHŒUR.

Mais celle-ci était Déesse et issue d’une race divine, et nous sommes mortels et issus d’une race mortelle ; mais il est glorieux, pour qui va mourir, de subir une destinée semblable à celle des Dieux.


ANTIGONÈ.
Strophe III.

Hélas ! on se rit de moi. Par les Dieux de la patrie ! pourquoi m’accabler d’outrages, n’étant point morte encore et sous vos yeux ? Ô Ville, ô très-riches citoyens de la Ville, ô sources Dirkaiennes, ô bois sacrés de Thèba aux beaux chars, je vous atteste tous à la fois. Telle, non pleurée par mes amis, frappée par une loi inique, je vais vers cette prison sépulcrale qui sera mon tombeau. Hélas ! malheureuse ! je n’habiterai ni parmi les vivants, ni parmi les morts !