Page:Soumet - Les Embellissemens de Paris, 1812.djvu/12

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Il dit, et le tombeau s’émeut à sa prière.
C’est peu que du grand homme on garde la poussière ;
Le silence du monde insulta trop long-temps
Ces victimes de Mars, ces nombreux combattants,
Qu’une terre étrangère en ses flancs voit descendre :
Le tombeau des aïeux appelle en vain leur cendre ;
Laissons à leur trépas l’espoir d’un souvenir :
Que ce temple guerrier, promis à l’avenir,
Accueille leur mémoire, et de leur tombe absente
Console leur famille en nos murs gémissante ;
Que la victoire en deuil grave auprès de leur nom
Les pleurs de la patrie et de Napoléon ;
Que nos chants belliqueux proclament leurs exemples.
Les drapeaux suspendus aux voûtes de nos temples,
Ce lion voyageur qu’ont apporté les flots,
Le fer dont se parait la tombe d’un héros,
Sollicitent pour eux la lyre des Orphées ;
Lutèce, à leurs combats, doit ses plus beaux trophées.
Voilà cet arc pompeux, garant de leurs exploits,
L’ornement du triomphe et la leçon des rois.
La Gloire, avec amour, le couvre de ses ailes,
Il s’élève entouré de palmes immortelles,