Page:Spencer - La Science sociale.djvu/98

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maladies vénériennes devenaient plus rares et moins sérieuses. Ce désaccord donnerait à lui seul la mesure de l’altération qu’une des deux parties a dû faire subir à la vérité. Que dire, lorsqu’on voit que tout dernièrement, la plupart de nos sommités médicales ont attesté au nom de leur expérience, que la véritable situation de la question était bien celle que nous avons indiquée d’abord ? Nous allons reproduire quelques-uns de leurs témoignages.

M. Skey, chirurgien consultant à l’hôpital Saint-Barthélemi, président de la commission instituée par le dernier ministère pour étudier les moyens de guérir et de prévenir la syphilis, a comparu devant une commission de la Chambre des lords. À propos d’un article exposant les vues de l’Association en faveur de l’extension des actes contre les maladies contagieuses, M. Skey s’est exprimé en ces termes :

« Il y a de grandes exagérations, on a surchargé les couleurs. J’ose dire que la maladie est loin d’être aussi commune et aussi universelle que le prétend l’auteur… depuis que j ai reçu l’invitation à comparaître devant vous j’ai eu l’occasion de parler à plusieurs des membres les plus éminents du Collège des chirurgiens, et nous sommes tous d’avis que le mal est beaucoup moins grand que ne le représente l’association. »

M. John Simon, membre de la Société royale, chirurgien pendant trente-cinq ans dans un hôpital, actuellement attaché comme médecin au conseil privé, a écrit dans un document officiel :

« Je ne prétends en aucune façon nier que les maladies vénériennes constituent pour la communauté un mal réel et sérieux ; je suis cependant porté à croire qu’on s’exagère généralement beaucoup leur fréquence et leur malignité. »

Voici l’opinion du professeur Syme, mort maintenant :

« Il est absolument prouvé qu’aujourd’hui le poison (la véritable syphilis) n’a plus les effets redoutables que nous avons mentionnés plus haut, et qui se présentaient avant le traitement par le mercure… Les graves conséquences qui en faisaient jadis un objet d’effroi ne se produisent plus jamais, et même les conséquences sans importance que nous venons d’indiquer sont relativement rares. Nous