Page:Spyri - Encore Heidi, 1882.pdf/62

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— Je veux bien aller à Francfort tout de suite et rester avec vous aussi longtemps que vous voudrez ; il faut seulement que j’aille vite le dire au grand-père.

Le docteur caressa l’enfant agitée et chercha à la calmer.

— Non, ma chère Heidi, dit-il de sa voix la plus affectueuse, pas maintenant ; il faut que tu restes encore sous les sapins, ou tu pourrais retomber malade. Mais écoute, je veux te demander une chose : si jamais j’étais souffrant et seul, voudrais-tu venir et rester avec moi ? Puis-je compter que j’aurai alors quelqu’un pour prendre soin de moi et m’aimer ?

— Oui, oui, j’irai, bien sûr, le jour même, et je vous aime presque autant que le grand-père ! affirma Heidi sans cesser de sangloter.

Le docteur lui serra encore une fois la main et se remit rapidement en route. Mais Heidi, debout à la même place, continua à lui faire signe de la main aussi longtemps qu’elle aperçut un point noir sur le sentier. Lorsque le docteur se retourna pour regarder une dernière fois l’enfant et l’alpe soleillée,