Page:Stendhal - Armance, Lévy, 1877.djvu/176

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XIV


Il giovin cuore o non vede affatto defetti di chi li sta vicino o li vede immensi. Error commune ai giovinetti che portono fuoco nell’interno dell’anima.
Lampugnani.


Un jour Octave apprit à Paris qu’un des hommes qu’il voyait le plus souvent et avec le plus d’agrément, qu’un de ses amis, comme on dit dans le monde, devait la belle fortune qu’il dépensait avec grâce à l’action la plus basse à ses yeux (un héritage capté). Mademoiselle de Zohiloff, à laquelle il se hâta, dès son arrivée à Andilly, de faire part de cette fâcheuse découverte, trouva qu’il la supportait fort bien. Il n’eut point d’accès de misanthropie, il ne voulut point rompre outrageusement avec cet homme.

Un autre jour, il revint de fort bonne heure d’un château de Picardie où il devait passer toute la soirée. Que ces conversations sont insipides, dit-il à Armance ! Toujours la chasse, la beauté de la campagne, la musique de Rossini, les arts ! et encore ils mentent en s’y intéressant. Ces gens ont la sottise d’avoir peur, ils se croient dans une ville assiégée et s’interdisent de parler des nouvelles du siège. La pauvre espèce ! et que je suis contrarié d’en être ! — Eh bien ! allez voir les assiégeants, dit Armance, leurs ridicules vous aideront à supporter ceux de l’armée au milieu de laquelle vous a jeté votre naissance. — C’est une grande question, dit Octave. Dieu sait si je souffre quand je vois dans un de nos salons un de nos amis ouvrir un avis ou absurde ou cruel ; mais enfin je puis me taire avec honneur. Ma douleur est tout in-