Page:Stendhal - Armance, Lévy, 1877.djvu/85

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C’est ce que pourraient répéter bien des jeunes gens qui ont à la fois de la naissance et de l’esprit.

En parlant de notre siècle, nous nous trouvons avoir esquissé deux des caractères principaux de la Nouvelle suivante. Elle n’a peut-être pas vingt pages qui avoisinent le danger de paraître satiriques ; mais l’auteur suit une autre route ; mais le siècle est triste, il a de l’humeur, et il faut prendre ses précautions avec lui, même en publiant une brochure qui, je l’ai déjà dit à l’auteur, sera oubliée au plus tard dans six mois, comme les meilleures de son espèce.

En attendant, nous sollicitons un peu de l’indulgence que l’on a montrée aux auteurs de la comédie des Trois Quartiers. Ils ont présenté un miroir au public ; est-ce leur faute si des gens laids ont passé devant ce miroir ? De quel parti est un miroir ?

On trouvera dans le style de ce roman des façons de parler naïves, que je n’ai pas eu le courage de changer. Rien d’ennuyeux pour moi comme l’emphase germanique et romantique. L’auteur disait : « Une trop grande recherche des tournures nobles produit à la fin du respect et de la sécheresse ; elles font lire avec plaisir une page ; mais ce précieux charmant fait fermer le livre au bout du chapitre : et nous voulons qu’on lise je ne sais combien de chapitres. Laissez-moi donc ma simplicité agreste ou bourgeoise. »

Notez que l’auteur serait au désespoir que je lui crusse un style bourgeois. Il y a de la fierté à l’infini dans ce cœur-là. Ce cœur appartient à une femme qui se croirait vieillie de dix ans si l’on savait son nom. D’ailleurs, un tel sujet !…

Saint-Gigouf, le 24 juillet 1827.