Page:Stendhal - Chroniques italiennes, Lévy, 1855.djvu/310

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


pastille de chocolat dans une bonbonnière, Vanina la lui enleva, et lui dit en riant :

— Prenez donc garde, tout chez vous est empoisonné ; car on voulait votre mort. C’est moi qui ai obtenu la grâce de mon oncle futur, afin de ne pas entrer dans la famille Savelli absolument les mains vides.

Monseigneur Catanzara, fort étonné, remercia sa nièce, et donna de grandes espérances pour la vie de Missirilli.

— Notre marché est fait ! s’écria Vanina, et la preuve, c’est qu’en voici la récompense ! dit-elle en l’embrassant.

Le ministre prit la récompense.

— Il faut que vous sachiez, ma chère Vanina, ajouta-t-il, que je n’aime pas le sang, moi. D’ailleurs, je suis jeune encore, quoique peut-être je vous paraisse bien vieux, et je puis vivre à une époque où le sang versé aujourd’hui fera tache.

Deux heures sonnaient quand monseigneur Catanzara accompagna Vanina jusqu’à la petite porte de son jardin.

Le surlendemain, lorsque le ministre parut devant le pape, assez embarrassé de la démarche qu’il avait à faire, Sa Sainteté lui dit :

— Avant tout, j’ai une grâce à vous demander. Il y a un de ces carbonari de Forli qui est resté condamné à mort ; cette idée m’empêche de dormir : il faut sauver cet homme.

Le ministre, voyant que le pape avait pris son parti, fit