Page:Stendhal - Chroniques italiennes, Lévy, 1855.djvu/62

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les deux bords de la route que Fabrice plaçait ses fantassins. A un signe du prince, chaque paysan arrangea son capuchon, et prit poste avec son arquebuse derrière un châtaignier ; les soldats du prince se placèrent derrière les arbres les plus voisins de la route. Les paysans avaient l’ordre précis de ne tirer qu’après les soldats, et ceux-ci ne devaient faire feu que lorsque l’ennemi serait à vingt pas. Fabrice fit couper à la hâte une vingtaine d’arbres, qui, précipités avec leurs branches sur la route, assez étroite en ce lieu-là et en contre-bas de trois pieds, l’interceptaient entièrement. Le capitaine Ranuce, avec cinq cents hommes, suivit l’avant-garde ; il avait l’ordre de ne l’attaquer que lorsqu’il entendrait les premiers coups d’arquebuse qui seraient tirés de l’abatis qui interceptait la route. Lorsque Fabrice Colonna vit ses soldats et ses partisans bien placés chacun derrière son arbre et pleins de résolution, il partit au galop avec tous ceux des siens qui étaient montés, et parmi lesquels on remarquait Jules Branciforte. Le prince prit un sentier à droite de la grande route et qui le conduisait à l’extrémité de la clairière la plus éloignée de la route.

Le prince s’était à peine éloigné depuis quelques minutes, lorsqu’on vit venir de loin, par la route de Valmontone, une troupe nombreuse d’hommes à cheval ; c’étaient les sbires et le Barigel, escortant Bandini, et tous les cavaliers des Orsini. Au milieu d’eux se trouvait Balthazar Bandini, entouré de quatre bourreaux vêtus de rouge ; ils avaient l’ordre d’exécuter la sentence des premiers juges, et de mettre Bandini à mort, s’ils voyaient