Page:Stendhal - Chroniques italiennes, Lévy, 1855.djvu/67

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fermé, et, comme le nouveau capitaine était fort timide lorsqu’il s’agissait de faire certaines questions, ce ne fut qu’au milieu de la journée qu’il put prendre sur lui de dire à Scotti, vieillard qui l’avait toujours traité avec bonté :

— Mais où sont donc les Campireali ? je vois leur palais fermé.

— Mon ami, répondit Scotti avec une tristesse subite, c’est là un nom que vous ne devez jamais prononcer. Vos amis sont bien convaincus que c’est lui qui vous a cherché, et ils le diront partout ; mais enfin il était le principal obstacle à votre mariage, mais enfin sa mort laisse une sœur immensément riche, et qui vous aime. On peut même ajouter, et l’indiscrétion devient vertu en ce moment, on peut même ajouter qu’elle vous aime au point d’aller vous rendre visite la nuit dans votre petite maison d’Albe. Ainsi l’on peut dire, dans votre intérêt, que vous étiez mari et femme avant le fatal combat des Ciampi (c’est le nom qu’on donnait dans le pays au combat que nous avons décrit). — Le vieillard s’interrompit parce qu’il s’aperçut que Jules fondait en larmes.

— Montons à l’auberge, dit Jules. — Scotti le suivit ; on leur donna une chambre où ils s’enfermèrent à clé, et Jules demanda au vieillard la permission de lui raconter tout ce qui s’était passé depuis huit jours. Ce long récit terminé

— Je vois bien à vos larmes, dit le vieillard, que rien n’a été prémédité dans votre conduite ; mais la mort de