Page:Stendhal - La Chartreuse de Parme, II, 1927, éd. Martineau.djvu/327

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partant ce conseil à Votre Altesse Sérénissime : elle ne doit jamais pardonner à Rassi, et jamais non plus sortir des états de son fils. De près, ce bon fils ne lui fera pas de mal sérieux.

— J’ai suivi vos raisonnements avec toute l’attention requise, répondit la princesse en souriant ; faudra-t-il donc que je me charge du soin de donner une maîtresse à mon fils ?

— Non pas, madame, mais faites d’abord que votre salon soit le seul où il s’amuse.

La conversation fut infinie dans ce sens, les écailles tombaient des yeux de l’innocente et spirituelle princesse.

Un courrier de la duchesse alla dire à Fabrice qu’il pouvait entrer en ville, mais en se cachant. On l’aperçut à peine ; il passait sa vie déguisé en paysan dans la baraque en bois d’un marchand de marrons, établi vis-à-vis de la porte de la citadelle, sous les arbres de la promenade.