Page:Stendhal - Lucien Leuwen, I, 1929, éd. Martineau.djvu/109

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rester. Quels sont les meneurs des partis à Nancy ? »

Le général répondit :

« MM. de Pontlevé et de Vassignies sont les chefs apparents du carlisme, commissionnés par Charles X ; mais un maudit intrigant, qu’on nomme le docteur Du Poirier (on l’appelle docteur parce qu’il est médecin) est, dans le fait, le chef véritable. Officiellement, il n’est que secrétaire du comité carliste. Le jésuite Rey, grand vicaire, mène toutes les femmes de la ville, depuis la plus grande dame jusqu’à la plus petite marchande ; cela est réglé comme un papier de musique. Voyez si au dîner que le préfet vous donnera il y a un seul convive hors des administrateurs salariés. Demandez si une seule des personnes attachées au gouvernement et allant chez le préfet est admise chez mesdames de Chasteller et d’Hocquincourt ou de Commercy ?

— Quelles sont ces dames ?

— C’est de la noblesse très riche et très fière. Madame d’Hocquincourt est la plus jolie femme de la ville et mène grand train. Madame de Commercy est peut-être plus jolie encore que madame d’Hocquincourt, mais c’est une folle, une sorte de madame de Staël, qui pérore toujours pour Charles X, comme celle de Genève contre