Page:Stendhal - Pensées et Impressions, 1905, éd. Bertaut.djvu/76

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PENSÉES



Les pauvres gens qui peuplent la Trappe sont des malheureux qui n’ont pas eu tout à fait assez de courage pour se tuer. J’excepte toujours les chefs qui ont le plaisir d’être chefs.

L’immense respect pour l’argent, grand et premier défaut de l’Anglais et de l’Italien, est moins sensible en France, et tout à fait réduit à de justes bornes en Allemagne.

Les Romains paraissent méchants au premier abord ; ils ne sont qu’extrêmement méfiants, et avec une imagination qui s’enflamme à la plus légère apparence. S’ils font des méchancetés gratuites, c’est un homme rongé par la peur, et qui cherche à se rassurer en essayant son fusil.

Si je disais, comme je le crois, que la bonté est le trait distinctif du caractère des habitants de Paris, je craindrais beaucoup de les offenser.

« Je ne veux pas être bon. »