Page:Stendhal - Promenades dans Rome, I, Lévy, 1853.djvu/35

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Comme nous, les Romains avaient l’usage de célébrer par une fête l’ouverture d’une maison nouvelle ; un drame, représenté avec une pompe extraordinaire, faisait la dédicace d’un théâtre ; celle d’une naumachie était célébrée par un combat de barques ; des courses de chars, et surtout des combats de gladiateurs, marquaient l’ouverture d’un cirque ; des chasses de bêtes féroces faisaient la dédicace d’un amphithéâtre. Titus, comme nous l’avons vu, fit paraître, le jour de l’ouverture du Colysée, un nombre énorme d’animaux féroces qui tous furent tués. Quel doux plaisir pour des Romains ! Si nous ne sentons plus ce plaisir, c’est à la religion de Jésus-Christ qu’il en faut rendre grâce..

Le Colisée est bâti presque en entier de blocs de travertin, assez vilaine pierre remplie de trous comme le tuf, et d’un blanc tirant sur le jaune. On la fait venir de Tivoli. L’aspect de tous les monuments de Rome serait bien plus agréable au premier coup d’œil si les architectes avaient eu à leur disposition la belle pierre de taille employée à Lyon ou à Édimbourg, ou bien le marbre dont on a fait le cirque de Pola (Dalmatie).

On voit des numéros antiques au-dessus des arcs d’ordre dorique du Colysée ; chacune de ces arcades servait de porte. De nombreux escaliers conduisaient aux portiques supérieurs et aux gradins. Ainsi, en peu d’instants, cent mille spectateurs pouvaient entrer au Colysée et en sortir.


Ut fera quæ nuper montes amisit avisos
Altorumque exul nemorum, damnatur arenæ
Muneribus, commota ruit ; vir murmure contra
Hortatur, nixusque genu venabula tendit :
llla pavet strepitus, cuneosque erecta theatri
Despicit, et tanti miratur sibila vulgi.

Claud. in Ruf, I. II.