Page:Stendhal - Promenades dans Rome, I, Lévy, 1853.djvu/72

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66 ŒUVUliS DE STENDHAL.

Saint-Pierre y quoique ayanl la forme d’une croix latine, a conservé le nom de basilique, qui indique la forme de Téglise bâtie par Constantin et démolie sous Jules II.

septembre. — Notre passion pour la campagne et la forêt 

de la Riccia continue. Cependant nous sommes allés à Rome ce matin, le hasard nous a conduits aux stanze du Vatican. Aujourd’hui on comprenait Raphaël, on regardait ses ouvrages avec le degré de passion qui fait découvrir et sentir les détails, quelque enfumée que soit la peinture.

On peut prendre mesure d’habit à un homme dédaigneux et froid, comme Childe-Harold, qui, du haut de son orgueil, juge ses sensations et même son esprit, dont il a beaucoup. Mais il n’est au pouvoir de personne de lui faire avoir du plaisir par les beaux-arts. Il faut que l’orgueil daigne se donner la peine d*étre attentif : on ne peut pas faire avaler le plaisir comme une pilule ; voilà ce que je pensais en style bas, sans le dire à mes amis.

Comme vous le savez, à son arrivée de Florence à Rome, en 4508, Raphaël reçut de Jules II l’ordre de peindre une muraille dans une des stanxe du Vatican. D’autres peintres en grande renommée y travaillaient alors : c’étaient Pietro délia Francesca, Bramantino de Milan, Luca di Cortona, Pietro délia Gatta et Pietro Perugino. Tous étaient plus âgés que Raphaël. On peut se figurer la haine et le mépris avec lesquels ils reçurent ce jeune homme si protégé.

Raphaël entreprit son tableau de la Dispute du saint sacrement. Il avait à représenter une multitude de grands personnages, héros du christianisme, occupés à méditer ou à disputer sur le inystère de la Trinité. On distingue aux coins d’un autel, sur lequel ^eucharistie est exposée, les quatre grands docteur», Augustin, Grégoire, Jérôme et Ambroise. Viennent