Page:Stendhal - Romans et Nouvelles, I, 1928, éd. Martineau.djvu/115

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LE ROSE ET LE VERT


pas paraître assez prêtre, mais il prenait en pitié ces propos subalternes. Convaincu que rien de grand ne s'opère sans l’union des efforts, rempli d’une soumission profonde envers Rome le centre d’unité, muni de la haute approbation de ses chefs, rien ne lui était plus indifférent que les criailleries et les petits mauvais procédés du vulgaire de ses collègues.

C'était lui qui avait fait baron le riche banquier protestant Isaac Wentig, il avait correspondu à ce sujet avec le confesseur du roi de ***. M. de Miossince était effrayé des bienfaits que répand à Paris le corps des banquiers protestants. Là, se disait-il, il n'y a pas indifférence, et il avait peur.

La conversion des Vintimille ne lui avait coûté qu’un mot : avec huit ou dix ans de procédés adroits et avec deux cent mille francs de charités habiles on pouvait se faire souffrir de la noblesse française, mais tout ce qui était âgé et riche parmi cette noblesse était dirigé par des prêtres catholiques qui dans ces temps de combat étaient obligés en conscience, [à s'opposer] à toute importance que pourrait acquérir une famille protestante.

M. de Miossince espérait un peu que Mina et sa mère séduites par les agréments de Paris s'y fixeraient, en ce cas Mina