Page:Stendhal - Romans et Nouvelles, I, 1928, éd. Martineau.djvu/143

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CHAPITRE VII




C
omme l’abbé se livrait à ce dernier regret bien désintéressé, il [1] se montra un instant au duc au bout d’une allée, puis disparut. Léon qui ne tenait guère aux amis avec lesquels il [se] promenait, lança son cheval dans l’allée au fond de laquelle il avait vu disparaître l’abbé. Le duc était guidé par le plaisir de passer un quart d’heure avec un homme réellement différent de ceux qu’il quittait. « M. de Miossince mourrait plutôt que d’acquérir dix mille francs par l’intrigue, se disait Léon, et mes amis que je quitte ne parlent que d’argent, adorent l’argent, ne voient qu’un moyen de supériorité au monde : l’argent, et au fond sont disposés à faire bien des choses pour gagner dix mille francs. »

— Comment, Monsieur le duc, lui dit l’abbé qui avait ralenti son cheval en le voyant accourir, vous quittez des jeunes

  1. Le manuscrit porte : l’abbé se montra. N.D.L.E.