Page:Stendhal - Romans et Nouvelles, I, 1928, éd. Martineau.djvu/177

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LE ROSE ET LE VERT

— Nous voilà informées à un millier de francs près, dit Mme de Strombek, de la fortune de ce jeune duc, de ce qu’il a actuellement, de ce qu’il aura après la mort de la duchesse sa mère qui n'a guère que cinquante-cinq ans, et qui d’ailleurs n'est que la fille d’un riche marchand de bois de Clamecy. Dieu ! quelles petites gens que ces baronnes de Vintimille !

— C’est exactement, dit Mina, une conversation de femme de chambre.

— Mais pourquoi M. de Miossince, en nous présentant ce jeune homme, n'a-t-il pas fait mention de son titre ?

— Grand Dieu ! serait-ce encore un épouseur, dit Mina !

— Il me semble que dans ce cas on exagère les titres au lieu de les dissimuler, dit Mme de Strombek. Voyez plutôt tous ces comtes allemands, chacun d’eux fait expliquer par quelque ami officieux l’antique origine de son titre.

— Notre excellent ami, M. de Miossince, m'a l’air d’un homme excessivement fin, dit Mme Wanghen. Je ne connais pas encore assez les usages français pour savoir si l’omission du titre de ce jeune homme est une affectation. Mais si c’est une affectation elle a certainement un pourquoi fort savant.

— Dans tous les cas, pour faire la folie