Page:Stendhal - Romans et Nouvelles, I, 1928, éd. Martineau.djvu/52

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ROMANS ET NOUVELLES


article dans tous les journaux. Il était heureux, quand, tout à coup, il les joue contre quinze cents louis ; à la vérité il gagne. Mais enfin ces chevaux qu'il aimait tant, dans l'écurie desquels il allait déjeuner presque tous les matins, il aurait pu les perdre ! »

Il paraît qu'à la suite de cette belle partie, le comte de Claix s'était déclaré l'ami intime du général von Landek ; en punition de quoi celui-ci lui ouvrait son cœur sur le grand Frédéric, sur Rosbach, sur l'éternel Iéna.

— Mais que diable, mon cher Comte, s'écriait M. de Claix, nous avons été chez vous après Iéna, vous êtes venu chez nous après Waterloo, ce me semble, partant quitte. N'allons plus les uns chez les autres. Je ne vois qu'un homme chez vous qui ait intérêt à vous jeter dans la colère et dans la guerre pour vous empêcher de songer à imprimer un Charivari [1] à Berlin. Montrez que vous êtes gens d'esprit en ne vous laissant pas effaroucher. Croyez-moi, tous les patriotes qui vous parlent tant honneur national sont bien payés pour cela.

M. le Président de la Chambre de Kœnigsberg (le préfet du pays), assis

  1. Journal du matin qui se moque de tout, même des choses respectables.