Page:Stendhal - Vie de Napoléon.djvu/115

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CHAPITRE XXXIII


L’année suivante, l’empereur vainquit la Prusse qui n’avait pas eu le courage de se joindre à l’Autriche et à la Russie. Chose sans exemple dans l’histoire, une seule bataille anéantit une armée de deux cent mille hommes et donna tout un grand royaume au vainqueur. C’est que Napoléon savait encore mieux profiter de la victoire que vaincre. Le 16 octobre, il attaqua à Iéna, non sans quelque crainte, cette armée qui semblait soutenue par la grande ombre de Frédéric ; le 26, Napoléon entra dans Berlin[1]. À notre grand étonnement, la musique jouait l’air républicain : « Allons, enfants de la patrie. » Napoléon, pour la première fois en uniforme de général et chapeau brodé, était à cheval à vingt pas en avant de ses troupes au milieu de la foule. Rien de plus aisé que de lui tirer un coup de fusil d’une des fenêtres de l’Inter-Linden.

Une chose bien triste à ajouter, c’est

  1. Iéna : 14 octobre. Entrée de Napoléon à Berlin : 27 octobre. N. D. L. É.