Page:Stendhal - Vie de Napoléon.djvu/180

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Français avaient contractée dans les temps du jacobinisme[1]. Sans ces précautions jalouses, aurait pu reparaître cet autre monstre abhorré par tous les gouvernements successifs qui ont exploité la France, et dont j’ai déjà parlé, je veux dire l’esprit public.

On voit d’où venait l’énorme travail qui tuait les ministres de l’empereur. Paris voulait se charger de digérer pour la France. Il fallait faire faire toutes les affaires de France par des gens qui, eussent-ils été des aigles, les ignoraient nécessairement[2].

Or l’existence du commis tend nécessairement à l’hébéter. Sa première affaire lorsqu’il débute dans un bureau est d’avoir une belle main et de savoir employer la sandaraque. Tout le reste de sa carrière tend à lui faire employer continuellement la forme pour le fond. S’il réussit à accrocher un certain air important, rien ne lui manque. Tous ses intérêts le portent à favoriser l’homme qui parle sans avoir vu. Témoin et victime des plus misérables intrigues, le commis réunit les vices des

  1. 31 décembre 1817. Le gouvernement actuel est aussi tyran qu’il peut.
  2. Quelques étrangers seront peut-être bien aise de se rappeler la manière dont une loi ou décret recevait son exécution. (Vingt lignes d’explication du mécanisme de l’administration.)