Page:Stendhal - Vie de Napoléon.djvu/191

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


le comte de Lobau. Les ministres de la marine et de l’intérieur, comte Decrès et Montalivet, étaient des gens d’esprit qui ne faisaient que des sottises : n’avoir pas lancé deux cents frégates, armées en corsaires, sur le commerce anglais, n’avoir pas formé assez vite des matelots sur le Zuidersee et mille autres inepties. Pour le second, les gardes d’honneur qui ne devaient enlever que cinq ou six cents bavards qui parlaient mal du gouvernement dans les cafés et qui désolèrent, de la manière la plus injuste et la plus odieuse, des milliers de familles. Mais le comte Montalivet voulait être duc. Et cependant c’était un homme supérieur !

En 1810, la voix publique désignait à l’empereur MM. Talleyrand, Fouché, Merlin pour la justice, Soult pour major-général, Carnot ou le maréchal Davoust pour la guerre, Daru pour les dépenses et marchés de la guerre, Chaptal pour l’intérieur, Mollien et Gaudin pour les finances, Réal pour la secrétairerie de l’État, Bérenger, Français, Montalivet, Thibaudeau pour les directions ; Le Voyer d’Argenson, Lezay-Marnezia, le comte de Lobau, MM. Lafayette, Say, Merlin de Thionville pour le Conseil d’État. On voit qu’il a suivi cette indication en partie. Cependant il y avait dans son ministère