Page:Stendhal - Vie de Napoléon.djvu/199

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républiques, ni faire de grandes écoles, comme l’école Polytechnique, pour les juges et les talents de l’administration. Voyez s’il était loin de là ; il n’alla jamais voir l’école Polytechnique, grand établissement militaire et dont le succès, passant les espérances des philosophes qui la fondèrent, avait déjà rempli l’armée d’excellents chefs de bataillon et capitaines.

Avec ces deux conditions altérantes, l’Administration française fut ce qu’on pourra jamais faire de mieux. Tout y fut ferme, raisonnable, exempt de niaiserie. Il y avait, dit-on, trop d’écritures et de bureaucratie. Les gens qui font cette objection, oublient que l’empereur ne voulait pas, absolument pas, de l’incommode reste des républiques. Le despote disait aux sujets : « Croisez-vous les bras ; mes préfets se chargent de tout faire pour vous. Pour prix d’aussi doux repos, je ne vous demande que des enfants et de l’argent. » La plupart des généraux s’étant enrichis en volant, il fallait à force d’inspections et de contre-inspections, rendre les friponneries impossibles. Jamais despote n’aura d’administrateurs comme le comte François de Nantes pour les Droits Réunis, rapportant 180 millions, et comme le comte Montalivet pour les Ponts et Chaussées qui en coûtaient 30 ou 40. Le