Page:Stendhal - Vie de Napoléon.djvu/225

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sion ; encore plus, le moindre sentiment généreux d’enthousiasme pour la patrie.

Cependant il est évident que la bêtise n’était nécessaire que dans les officiers de la garde qui devaient surtout n’être pas gens à se laisser émouvoir par une proclamation. Il ne fallait là que des instruments aveugles de la volonté de Mahomet.

La voix publique appelait à la place de major général le duc de Dalmatie ou le comte de Lobau. Le prince de Neuchâtel en eût été plus content qu’eux. Il était excédé des fatigues de sa place, et, pendant des journées entières, mettait les pieds sur son bureau et, se renversant dans son fauteuil, ne répondait qu’en sifflant à tous les ordres qu’on pouvait lui demander.

Ce qu’il y avait de divin dans l’armée française, c’étaient les sous-officiers et les soldats. Comme il en coûtait fort cher pour se faire remplacer à la conscription, on avait tous les enfants de la petite bourgeoisie ; et, grâce aux écoles centrales, ils avaient lu l’Émile et les Commentaires de César. Il n’y avait pas de sous-lieutenant qui ne crût fermement qu’en se battant bien et ne rencontrant pas de

    privées ; il ne fut médiocre que comme prince et comme général. Quoique un peu brusque, il était agréable en société ».

    N. D. L. É.