Page:Stendhal - Vie de Napoléon.djvu/246

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


énormes[1] qui ne peuvent être commises que par le plus grand homme de guerre qui ait paru depuis César[2].

Quant à la paix qu’on ne cessait de lui offrir, le temps nous apprendra s’il y avait dans tout cela quelque chose de sincère[3]. Pour moi, je crois à la sincérité des cabinets à cette époque, parce que je crois à leur peur. Au reste, l’esprit qui sert à acquérir n’est pas le même que celui qui sert à conserver. Si, le lendemain de la paix de Tilsitt, tout le génie de Napoléon se fût converti en simple bon sens, il serait encore le maître de la plus belle partie de l’Europe.

Mais vous, lecteur, vous n’auriez pas la moitié des idées libérales qui vous agitent, vous brigueriez une place de chambellan, ou, petit officier de l’armée, à force de vous montrer le séide de l’empereur, vous chercheriez à monter d’un grade.

  1. Colère de Napoléon après la capitulation de Dupont. Conseil où était M. de Saint-Vallier. Il secoue les fenêtres aux Tuileries. Il marche à grands pas.
  2. Il y a un homme qui peut être excellent historien militaire de ces grands événements, c’est le libérateur du comte Lavalette, le général Robert Wilson. Je pense que dans toute la partie militaire, les mémoires de Napoléon seront parfaitement exacts.
  3. Voir la négociation de Prague dans les Moniteurs des premiers jours d’août 1813 et l’Annual Register d’Édimbourg.