Page:Stendhal - Vie de Napoléon.djvu/263

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rendre cette justice, c’était par honneur. Elle était loin de prévoir le sort qui l’attendait. On dit que les généraux ne firent pas si bien que les soldats et les simples officiers : ils étaient riches. Les armées alliées montrèrent aussi du courage. Elles étaient dix contre un. La Landwehr et le Tugendbund[1] avaient introduit dans leurs rangs l’enthousiasme de la patrie ; cependant, comme leurs généraux n’étaient pas fils de leurs œuvres, mais des princes désignés par la naissance, la fortune des combats fut variable. Napoléon, si médiocre comme monarque, retrouva souvent, comme général, le génie de ses premières années. Il passa deux mois à courir ainsi de la Seine à la Marne et de la Marne à la Seine.

Ce que la postérité admirera peut-être le plus dans la vie militaire de ce grand homme, ce sont les batailles de Champaubert, Montmirail, Vauchamp, Mormant, Montereau, Craonne, Reims, Arcis-sur-Aube et Saint-Dizier. Son génie était absorbé dans un sentiment semblable à celui d’un brave homme qui va tirer l’épée contre un maître d’armes. Du reste, il était fou : il refusa l’armée d’Italie, forte de 100.000 hommes, que le prince

  1. Société fondée en partie par le spirituel Arndt.