Page:Stendhal - Vie de Napoléon.djvu/267

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condamnés sans nul doute ; les traduire devant les cours criminelles eût au moins arrêté leurs machinations. On ne voulut pas s’exposer à répandre du sang. Je puis répondre personnellement de la vérité de ce dernier fait.

Je pense que la postérité admirera la police de Napoléon qui, avec si peu de sang, a su prévenir tant de conspirations. Durant les premières années qui ont suivi notre Révolution, après une guerre civile et avec une minorité non moins riche que corrompue[1], et un prétendant appuyé par l’Angleterre, une police était peut-être un mal nécessaire[2]. Voyez la conduite de l’Angleterre en 1715 et 1746.

La police impériale n’a jamais eu à se reprocher des événements comme la prétendue conspiration de Lyon ou les massacres de Nîmes[3]

  1. Machine infernale du 3 nivôse.
  2. Dans tout gouvernement qui n’est pas fondé uniquement pour l’utilité de tous en suivant la raison et la justice, dans tout gouvernement où les sujets sont corrompus et ne demandent pas mieux que d’échanger des droits contre des privilèges, je crains qu’une police ne soit nécessaire.
  3. L’illustre auteur que je cherche à combattre était-elle de bonne foi dans ses déclarations ? En ce cas, cette femme célèbre avait une bien pauvre tête. C’est une triste excuse, quand on calomnie, que la faiblesse du jugement. Qui vous forçait à parler ? Et si vous n’avez élevé la voix que pour calomnier le malheur et battre des gens à terre, quelle barrière avez-vous laissée entre vous et les plus vils des hommes ?

    La personne qui écrit serait véritablement heureuse de