Page:Stendhal - Vie de Napoléon.djvu/283

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


dessein ! c’est ce que les mouvements postérieurs de son corps d’armée montrèrent.

Les maréchaux le laissèrent avec le prince Schwarzenberg et allèrent remplir leur mission auprès d’Alexandre qui les envoya au sénat. Ce prince n’avait pas encore de plan arrêté et ne songeait pas aux Bourbons. Il ne s’aperçut pas qu’il était entre les mains de deux intrigants dont l’un surtout, Talleyrand, ne cherchait qu’à se venger[1].

Quand l’officier, qui avait accompagné les maréchaux aux avant-postes de l’armée, revint à Fontainebleau et rapporta que Marmont était allé avec eux à Paris et qu’il l’avait vu caché, dans le fond de leur voiture, tout le monde montra de la surprise et quelques-uns du soupçon. Mais Napoléon, avec sa confiance ordinaire dans l’amitié, répondit que, si Marmont les avait accompagnés, il était sûr que c’était pour lui rendre tous les services qui étaient en son pouvoir. Pendant l’absence des négociateurs, on rassembla à Fontainebleau un conseil de guerre composé de tous les généraux de l’armée. Il s’agissait de décider ce que l’on ferait si la proposition des maréchaux était rejetée. Souham, qui commandait en second le

  1. Voir la véridique histoire du mois d’avril 1814 par M. de Pradt.