Page:Stendhal - Vie de Napoléon.djvu/310

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


Parmi les pétitions, dont le Corps Législatif ne voulait pas prendre lecture, il s’en trouvait près de trois cents d’individus se plaignant que leurs curés leur refusaient l’absolution parce qu’ils étaient propriétaires de biens nationaux. Or huit millions de Français sont dans ce cas, et les huit millions qui ont le plus d’énergie. Au mois d’octobre, les journaux dévoués à la cour racontèrent qu’à une fête que le prince de Neuchâtel avait donnée à Grosbois au roi et à la famille royale, le prince avait fait hommage à Sa Majesté d’un rouleau de parchemin contenant les titres de propriété de ce bien national. Le roi les avait gardés une heure et ensuite les avait rendus au maréchal avec ce mot gracieux : « Ces titres ne peuvent pas être en de meilleures mains. » Berthier se plaignit de cette ridicule anecdote au roi lui-même et, ce que je suis bien loin de croire, ne put jamais obtenir la permission de la démentir dans les journaux.

M. Perrand proposa une loi fort juste : il s’agissait de rendre aux émigrés leurs biens non vendus[1].

Il osa parler à la tribune « des droits

  1. Il y a plus : il fallait rendre aux émigrés jusqu’au maximum de six mille livres de rente par tête et en rentes sur l’État, tout ce qu’on leur avait pris justement lorsqu’ils sortirent de France pour appeler les étrangers dans la patrie.