Page:Stendhal - Vie de Napoléon.djvu/319

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penser lentement, mais agir avec célérité. J’ai longtemps pesé cette idée, je l’ai considérée avec toute l’attention dont je suis capable. Je n’ai pas besoin de vous parler de la gloire immortelle et des avantages que nous acquerrons si le succès couronne notre entreprise. Si nous échouons, ce n’est pas à des militaires qui, depuis leur enfance, ont bravé la mort sous tant de formes et dans tant de climats, que je chercherai à déguiser le sort qui nous attend. Nous le connaissons et nous le méprisons. »

Telles sont à peu près les dernières paroles qu’il prononça avant que sa petite flotte jetât l’ancre dans le golfe de Juan. Ces derniers mots eurent l’air un peu plus soignés. Ce fut comme une espèce d’adresse adressée à ses compagnons, auxquels peut-être il n’aurait plus le temps de parler au milieu des hasards qu’on allait rencontrer.

Le 28 février, Antibes fut en vue depuis midi, et le 1er mars, à trois heures, la flottille jeta l’ancre dans la baie. Un capitaine et vingt-cinq hommes furent envoyés pour s’emparer des batteries qui pouvaient dominer le point du débarquement. Cet officier voyant qu’il n’y avait pas de batterie, prit sur lui de marcher sur Antibes. Il y entra et fut fait prisonnier. À cinq